Découvrez les raisons des interférences linguistiques entre le Cotocoli ou Tem et le Kabyè

Le tem, le Kabyè, le Koutssountou ou Bago, le Cala, le Lamba, le Delo, le Logba sont des langues issues d’une même langue-mère qu’on désigne sous le nom du Gurunsi-Est. Il ya le Gurunsi-Est au Togo, le Gurunsi-Centre au Burkina et le Gurunsi-ouest en Côte d’Ivoire. Les trois Gurunsi sont issues du Gurunsi. Le Gurunsi et le Gurma (qui comprend le gurmantché, le moore, le bassar, le tchamba, le nawdem) sont apparentées, c’est-à-dire issues d’une même langue-mère.

 A chaque fois qu’il y a un tronc commun, il y a une langue commune. Ce dont on est sûr aujourd’hui c’est que les trois groupes Gurunsi parlaient une seule et même langue et habitaient sur un même territoire qui doit se situer dans l’actuel Burkina Faso. Quand le Gurunsi commun a éclaté, est-ce que chaque sous-groupe actuel (est, centre, ouest) parlait la même langue qui s’est ensuite éclatée ou est-ce que le sous-groupe comprenait des ethnies à langues déjà différenciées? Les études actuelles des langues du Gurunsi-est ne permettent pas de répondre à cette question.

Imaginons un arbre, son tronc, ses branches principales et ses branches secondaires. Il y a 4 arbres pour le classement des langues d’Afrique: le Khoïsan, le Nilo-Saharien, l’Afroasiatique et le Niger-Congo. Ce dernier est l’arbre qui renferme le plus de langues africaines. Son tronc qui représente la langue d’où toutes les langues présentes sur l’arbre sont issues. La première grosse branche qui se détache du tronc est le Kordofan qui rassemble un certain nombre de langues localisées au Sud-Soudan. Le seconde grosse branche qui sort du tronc est le Mandé qui regroupe les langues de la famille mandingue (bambara, dioula, …) et celles de la famille mandé-Sud. Une troisième branche sort de la suite du tronc, c’est la branche ouest-atlantique qui renferme des langues dont les principales sont le wolof, le peulh. Après la sortie des branches Kordofan, Mandé, Ouest-atlantique, le tronc devient plus effilé et prend le nom de Volta-Congo. Ce Volta-Congo se divise en deux branches: la branche Congo qui renferme les langues dites bantu (swahili, ciluba, kicongo, zoulou) c’est-à-dire les langues des pays qui vont du Congo-Gabon jusqu’en Afrique du Sud. La branche Volta se divise en deux grandes branches: la branche Kwa qui renferme le baoulé, le yoruba, l’éwé, le tchokossi, le fon, …) et la branche Gur, celle qui nous concerne directement parce qu’elle va se subdiviser en trois sous-branches: deux principales que sont le gurma et le gurunsi et une poussière d’autres langues dont le sénoufo, le koulango, le lobi, etc. Le Gurunsi se subdivise en trois branches: le Gurunsi-ouest, le Gurunsi-centre et le Gurunsi-est où se trouve le tem.

Zakari TCHAGBALÉ

Auparavant Enseignant chercheur, chef de département à l’Université de Cocody

Études : ILPGA (Linguistique et Phonétique) à l’Université Paris III: Sorbonne Nouvelle

Djamiou ABOUDOU