Le Togo et beaucoup d’Etats Africains disposent d’un modèle socio-économique qui fait une distinction entre les travailleurs du secteur public ou parapublic et ceux du secteur informel. Ce modèle ne prend ainsi pas en compte le travail de toute la population, ce qui est notamment le cas de la fonction publique qui n’est pas prévue pour absorber toute la population. Cette analyse a fait l’objet d’une conférence de presse sous l’égide de Girolle communication ce 14 novembre 2019 à Lomé.
Le but de cette rencontre est de suggérer des solutions qui passent par une réorganisation socio-économique afin de permettre au gouvernement d’être en mesure de prendre en charge tous ses citoyens quel que soit leur métier et l’endroit du territoire où ils exercent afin qu’ils aient les mêmes droits et devoirs.
Pour Dr Prosper Pitcholo, responsable de Girolle communication, « Ici notre économie fonctionne beaucoup plus en comptant sur les ressources naturelles. Mais dans les modèles des pays qui sont organisés autour de la population, on voit que la moitié du budget vient du travail que les gens font ».
Par ailleurs, l’un des objectifs de cette rencontre est d’amener la population togolaise à comprendre les fondements du fonctionnement de notre modèle de société. Ce dernier est jugé incapable de permettre à un État de prendre en charge toute sa population. Il s’avère donc nécessaire qu’il faut revoir les bases structurelles de notre société et mettre en place un modèle qui est centré sur l’humain. Toujours selon le Docteur, aucune institution n’est ouverte à toute la population dans le modèle actuel, ce qui distingue les habitants du même pays en ayants droits et en non-ayants droits. Ce qui amène à remarquer que seule une infime partie de la population, généralement les fonctionnaires, bénéficient pleinement des services offerts par l’État, que ce soient les normes du travail, les avantages liés et même dans le cadre de la santé. Néanmoins, quand il va s’agir pour l’État de s’endetter pour faire face aux salaires et faire fonctionner ses programmes et institutions, ce sera au nom de toute la population, créant par là un véritable fossé entre les différentes couches de la population. Cela entraîne aussi une véritable distorsion de la société, et une injustice profonde difficile à cerner.
‹‹Tout nouveau programme ou institution, s’il n’est pas ouvert à toute la population, contribue à creuser le fossé déjà existant entre les populations. C’est le fondement même de l’injustice sociale dans laquelle vivent les populations dans notre modèle de société. Si nous voulons que la paix règne de façon pérenne dans nos pays, il faut réduire l’écart qui ne cesse de s’élargir entre les populations. Le seul moyen de réussir à réduire cet écart est de mettre en place une organisation socio-économique en mesure d’assurer à chaque citoyen quel que soit son emploi et l’endroit où il l’exerce, d’avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs et la possibilité de finir sa carrière en toute sécurité››, a estimé le Docteur Prosper Pitcholo.
Il explique également que le modèle actuel n’est pas assez organisé pour faire beaucoup de place à la connaissance approfondie de la population. C’est la grande différence entre un pays développé et un pays sous-développé. Ce manque d’organisation commence par les textes fondamentaux sur lesquels devraient reposer les bases structurelles du pays, pour favoriser le financement et le fonctionnement normal des programmes et institutions du pays. Ceux-ci, quand ils sont mis en place, deviennent élitistes et créent un fossé entre les ayants droits et les non-ayants droits. C’est une profonde injustice caractéristique de ce modèle socio-économique. Et quand dans un pays, tous les citoyens n’ont pas les mêmes droits, cela contribue à creuser les inégalités entre les populations. C’est une des causes profondes des conflits qui éclatent sur le continent, car trop de personnes se sentent exclus par leur propre pays. Rappelons ici que la frustration est encore plus grande quand on sait qu’en cas d’augmentation des prix des denrées, tout le monde est appelé à payer les mêmes taxes et les mêmes prix sans distinction de statut social.

Djami A.

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