Dans le cadre de la journée internationale dédiée à la femme, l’Emissaire a rencontré pour vous, le Directeur de l’ONG ACDIEF, M. Koudjovi GADJE. Il nous parle des actions que mène son organisation sur le terrain. Suivons plutôt.

Que représente pour vous, la journée internationale de la femme ?
La journée internationale des droits de la femme me rappelle ces femmes travailleuses tout comme les hommes, mais qui n’avaient pas de meilleurs salaires comme leurs collègues de sexe masculin. Pour arriver à rentrer dans leurs droits, elles sont obligées de faire la grève. Et donc cette journée représente pour nous à ACDIEF, un moment de bilan des acquis, les défis et les perspectives pour un lendemain meilleur aux femmes. C’est aussi un moment où il faut inviter les femmes à plus d’assiduité dans tout ce qu’elles font comme travail et à se départir des préjugés de tout genre à leurs égards. Et donc en aucun cas cette journée ne représente pas une fête pour moi.

Quelles sont les actions que vous menez pour les droits des femmes ?
Depuis 2017, ACDIEF a fait de la question de la femme et donc de la jeune fille une préoccupation prioritaire en lien avec les ODD. A cet effet, des programmes ont été élaborés pour la promotion des droits de la femme, son autonomisation financière, l’accès aux terres, à l’éducation et à l’emploi. En l’espace de 2ans, ACDIEF a permis à 480 jeunes filles d’avoir des activités génératrices de revenus. En 2019, elle a accru l’employabilité de 15 jeunes filles nouvellement sorties de l’Université de Lomé avec son programme dénommé ACDIEF Fellow qui permet d’offrir des formations pratiques aux jeunes filles sur plusieurs thématiques en lien avec le travail au sein d’une entreprise notamment : la gestion du secrétariat dans une société, l’élaboration d’un projet, la gestion de la comptabilité, la gestion de la communication dans une entreprise… Pour leur droit à l’éducation, ACDIEF apporte son soutien aux jeunes filles démunies des milieux ruraux notamment à Djagblé où cette année (2019), 188 jeunes filles ont bénéficié des fournitures scolaires après une séance de formation gratuite en informatique dont ces dernières ont été bénéficières.
Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre, 35 ambassadeurs ont été formés à Lomé. Pour cette année également, grâce à l’appui financier du Pro-CEMA, nous avions lancé le projet d’implication des jeunes et leaders communautaires de la région centrale dans la lutte contre les violences basées sur le genre et les mutilations génitales féminines. Un projet qui permettra d’impliquer davantage les jeunes et les leaders communautaires dans la lutte contre ce fléau qui sévit dans la région centrale. Ainsi, il sera organisé des causeries débats avec les leaders communautaires et un concours de plaidoyer pour les jeunes. Ce sera l’occasion pour ces derniers de dire tout haut ce qu’ils pensent de ce phénomène, et ce qu’ils ressentent.
Bref, ACDIEF fait beaucoup d’actions allant dans le sens de la promotion et la protection des droits de la femme, son leadership etc…

Quels en sont les défis ?
Les principaux défis restent dans un premier temps l’application des lois et mesures prises par l’État dans le sens de la protection de la femme. Dans un second temps il s’agira de lever les pesanteurs socio-culturelles liées à la personne de la femme et enfin, la femme elle-même qui doit commencer par s’affirmer et ne plus s’adonner à la facilité.

Parlez-nous des avancées ?
Les avancées à noter sont purement sur papier et il y a une grande différence entre les discours et la réalité sur le terrain. C’est vrai qu’actuellement, nous retrouvons les femmes dans les secteurs d’activité jadis considérés comme l’apanage des hommes, mais il en faut davantage.

Perspectives ?
Dans le cadre de nos actions, nous projetons contribuer davantage à l’élimination progressive des violences basées sur le genre et surtout les mutilations génitales féminines à travers nos actions d’information et de formation sur le fléau. Et ceci ne pourra être réalisé sans l’appui des partenaires techniques et financiers. J’invite d’ailleurs les partenaires à appuyer ACDIEF qui s’est donné pour mission la promotion et la protection des droits de la jeune fille et de la femme, à lutter contre le mariage des enfants, et les violences faites aux filles et femmes.

Vicky B.

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