Paradigm Initiative préoccupé par la censure des médias en ligne au Bénin

Un communiqué de presse signé le 7 juillet 2020 par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) du Bénin annonce la « suspension sans délai » de plusieurs sites d’informations en ligne dans le pays.

Ledit communiqué menace également les journalistes des organes de presse en ligne de poursuites judiciaires pour violation de l’article 252 qui stipule que : « l’exploitation directe ou indirecte en République du Bénin à titre gratuit ou onéreux, d’un site Internet fournissant des services de communication audiovisuelle et de presse écrite destinés au public est subordonnée à l’autorisation de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ».

Paradigm Initiative est profondément préoccupé par cette décision de la HAAC dont l’objectif est sans doute d’étouffer l’expression des opinions plurielles sur Internet au Bénin et invite le gouvernement a donné le temps nécessaire aux médias en ligne pour leur conformité.

« La décision de la HAAC et ses exigences mettent en danger l’avenir des blogueurs et des médias diffusant des contenus en ligne au Bénin. Nous exhortons le gouvernement béninois à prendre des mesures appropriées pour garantir la liberté d’expression en ligne », a déclaré Emmanuel Agbenonwossi, chargé de Communications de Paradigm Initiative.

Par ailleurs, Paradigm Initiative exhorte le président béninois Patrice Talon au respect des engagements internationaux pris par le Bénin en matière de droits humains en général et des droits numériques en particulier. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon en 2016, la liberté de la presse n’a cessé de se détériorer au Benin et le pays a perdu 35 places depuis 2016 au Classement mondial établi par Reporters sans frontières (RSF). Aucun pays n’a connu un tel recul ces dernières années.

De 2016 à ce jour, le Bénin a enregistré 11 cas de violation des droits numériques allant des perturbations des réseaux sociaux en période électorale à l’arrestation et détention des journalistes pour des publications en ligne.

Le cas le plus récent est la condamnation en janvier 2020 du journaliste Ignace Sossou à dix-huit mois de prison ferme pour avoir tweeté les propos d’un procureur lors d’une conférence organisée par Canal France international.

La rédaction