L’initiative est salutaire. Fruit de réflexion de Joséphine Koudayah, une jeune promotrice culturelle et de l’artiste de la musique togolaise, Varyna, Women Voice poursuit son petit bonhomme de chemin. Alors que la demi-finale se tient ce samedi 14 mars 2020, notre rédaction a rencontré l’une des organisatrices afin d’avoir des précisions sur les objectifs du concours et sur le calendrier. Joséphine Koudayah puisque c’est d’elle qu’il s’agit, ne se décourage pas malgré les difficultés. Interview !

L’Emissaire : Des images circulent depuis près d’un mois et présentent au public un évènement dénommé Women Voice. Concrètement de quoi il s’agit ?

Joséphine Koudayah : Women Voice est purement un concours de chants qui valorise la gent féminine. Il se différencie de ce qui se voit d’habitude sur le terrain par le fait qu’il est dirigé uniquement sur les femmes et n’est consacré qu’à celles-ci. Il faut reconnaître qu’au Togo, la plupart des grands noms de la musique actuellement sont des hommes. Les grandes femmes ont disparu petit à petit. Bella Bellow et Akofa Akoussah sont parties très tôt. Pendant que Nimon Toki Lala, Fifi Rafiatou, Monia Tchangai, Déla Délali, etc. sont encore là avec nous, Dieu merci, elles sont de moins en moins sinon plus du tout, au-devant de la scène. Or nous savons tous que dans tous les pays, quand on pense musique, on pense d’abord aux voix féminines. Alors l’idée nous est venue de promouvoir davantage des voix féminines et d’en créer s’il n’en existe pas suffisamment. Notre idée est donc de faire connaître et émerger les talents féminins et leur tracer la voix pour une bonne carrière musicale.

L’Emissaire : Quelle est la différence entre le Women Voice et ses variantes sur le terrain?

Joséphine Koudayah : Vous posez là une très bonne question. Il est vrai que ce genre de concours où on voit des jeunes gens se mesurer pour voir qui est le meilleur, est de plus en plus répandu. Mais la vérité c’est que le Women Voice est exclusivement pour la gent féminine. Non pas parce qu’il fallait exclure les hommes, ils seront nos soutiens (sourires), mais il faut créer un creuset pour favoriser l’éclosion de la voix féminine. Il faut être d’accord que si la musique togolaise souffre très fréquemment de relève, le problème est encore plus grave quand il s’agit des femmes.

L’Emissaire : Le projet suit son petit chemin. Vous êtes à l’étape de la demi-finale et le 4 avril prochain, la finale. Comment cela se passe-t-il ?

Joséphine Koudayah : Oui. Dieu merci. Ce n’est vraiment pas facile. Comme le début de toute chose, c’est difficile. Mais nous y arriverons. Nous évoluons sans sponsor au sens propre du terme. Et c’est l’occasion de remercier tous ceux qui de près ou de loin ont pu apporter leur pierre d’une manière ou d’une autre à la réussite de ce projet. Ils ne sont pas très nombreux mais se sont montrés présents. Nous lançons ici également un appel à ceux qui voudraient bien nous appuyer, à le faire quand il est encore temps de le faire.

L’Emissaire : Dans une période scolaire, pas en vacances, et alors que des activités culturelles ont rarement cours, comment arrivez-vous à tenir?

Joséphine Koudayah: La période peut constituer un frein pour certaines potentielles participantes. Je l’admets. Mais en matière culturelle, les temps morts ne doivent pas exister. Il faut tout le temps qu’on en est. Je réponds alors que la période choisie n’a pas d’effets sur le projet. Preuve en est que les personnes intéressées se manifestent et nous sommes à l’étape de la demi-finale.

L’Emissaire : Qu’est-ce qui est réservé à la gagnante à la fin? Que va-t-Elle devenir?

Joséphine Koudayah : Plein de choses lui sont réservées. Elle pourra enregistrer un album de 8 titres et se faire faire un clip vidéo. Elle remportera également une guitare et pourra suivre d’un an des cours de musique. Ajoutée à tout cela, si tout va bien, elle aura droit à une enveloppe. Concrètement, conformément à notre objectif principal, on lui tracera sa voie en lui faisant une place sous le soleil culturel togolais.

Propos recueillis par la rédaction.

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